Les bienfaits alimentaire d'un circuit local : végétal.

Le confinement nous ouvre la voie à la réflexion : céréales, tomates, oranges, salades,… comment sont aujourd’hui acheminées nos denrées agricoles ? Depuis les filières jusqu’à notre assiette. Comment avoir une économie valorisante, à la fois qualitative et durable ?
Après une vue globale et un premier focus sur la viande, la filière végétale est aujourd’hui au centre de plusieurs débats. Entre un approvisionnement des zones de distribution tendu et des pertes au niveau des exploitations par manque de main d’œuvre, la question est légitime mais épineuse.

Le premier aspect de la question a été évoqué en terme de sécurité des approvisionnements. Les régions présentent en effet de fortes disparités. Si la Bretagne peut offrir des fraises hors du commun, elle ne sera pas en mesure de proposer des melons à ses consommateurs. En revanche, un consommateur méditerranéen ne connaîtra pas les endives alors que son opposé au Nord ne mangera plus de kiwis ?
Peut on envisager en tant que consommateur de modifier notre alimentation pour l’adapter aux possibilités de cultures de notre région ? Ou la région doit-elle s’adapter aux alimentations ?
Toutes les publications actuelles tendent à la saisonnalité, un retour à l’authentique, mais celui-ci, au-delà de cette accessibilité régionale pose également la question des saisons elles-mêmes.
Savons nous vraiment, en tant que consommateur quelle est et quelle fût la saison des produits que nous consommons ?
Savons nous vraiment ce dont nous disposerions si l’approvisionnement était soudain « réduit » à la production de notre région ?

A ces égards, il semblerait plus opportun de travailler sur des circuits semi-locaux. Les producteurs de régions différentes pourraient s’associer pour procéder à des échanges inter-régionaux, à l’image des accords multi-nationaux, et pour court-circuiter les accords nationaux qui imposent des prix et des volumes.
Indéniablement, la sécurité dans l’accès à un emploi n’est plus à démontrer dans le cadre d’un circuit local de produits végétaux. A chaque saison ses travaux, à chaque travail ses professionnels, le champ s’ouvre ainsi à la formation. Qu’elle soit continue ou initiale, certaines filières sont plus que déficitaires, à l’ère où chacun parle de faire de la permaculture dans son bout de potager.
Au regard du développement des circuits tels que les Association pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne, l’attrait vers le local est indiscutable. Il devrait être réfléchi au niveau des collectivités qui pourraient y voir l’opportunité de s’associer avec les producteurs pour sécuriser leurs approvisionnements tout en développant le commerce local en se faisant distributeurs de ces produits pour d’autres publics que ceux qu’ils atteignent aujourd’hui. Une collectivité en capacité de sécuriser ses consommateurs obtiendrait l’unanimité.

La question centrale de la sécurité est donc moins impactée ici par la nature des produits. Cependant les contaminations inter-régionales restent vraies, et sont dûes notamment  aux mouvements des personnels de transports et le fait qu’ils soient en contacts avec de nombreux interlocuteurs en chemin.
L’avantage d’un circuit exclusivement local devient ici encore plus difficile et demande également une étude des impacts environnementaux, entre traitements nécessaires (même en culture bio, les traitements existants), irrigation, transports de petits volumes…

Un article détaillé par le regard de REST AMI, spécialisé en stratégie de restauration collective, et complété par l’analyse en prévention de TM SAFETY